Stage au nord

David était souriant et c’était déjà un réconfort.

Qu’étais je venue faire dans cette ville inconnue ?

Quelle mouche du désir ou du doute m’avait fait prendre une fois encore un TGV ?

À presque 50 ans, reprendre des études, retourner à l’école, refaire des stages, réapprendre un métier, la gageure me semblait bien trop grande lorsque le train est arrivé en gare de Lille.

Pourtant la ville que je découvrais était bien belle. Des bâtiments en briques, un haut clocher doré appelé vieille bourse, une place large truffée de brasseries, des passants peu pressés et me voilà déjà arrivée au porte de mon doute et de celles du théâtre du Nord.

David le régisseur général m’accueille. Il fait ça bien. Il prend le temps, alors que je découvre par la suite qu’il en manque justement. Il me montre tout le théâtre : en haut, en bas, dessous, dedans, les escaliers, les nombreux passages, les bureaux, les scènes. Les personnes qui y travaillent sont tous attentifs quand David me présente et me voilà rassurée. Je vais y arriver !

Pendant ce tour de théâtre, David me demande ce que je viens y faire. Alors j’explique, je montre la surface. Je dis que j’ai besoin d’évoluer, de changer. Que je connais et j’aime mon métier mais que je le fais peut-être depuis trop longtemps. Qu’il me faut trouver comment faire une passerelle entre l’image animée et le spectacle vivant en restant dans le même type de job : régie, prod, admin…. Il opine. Il cherche à comprendre. Il se demande peut-être ce qu’il va bien pouvoir faire de moi. Comment peut-il trouver alors que moi-même je ne sais pas et que surtout, je lui ai tu le plus important. Que je ne trouve plus de sens artistique et politique à ce que je fais, là où je suis. Que si j’ai passé le CAPES de bio c’était pour transmettre et partager du savoir et de la connaissance. Si j’ai fait des études de journalisme, c’était pour les mêmes raisons. Et que finalement je me suis réfugiée dans les arts parce qu’en plus d’apporter savoirs et connaissances, ils nous guident vers nous-même en nous proposant une vision du monde qui nous émeut. C’est pour ça que je suis là. C’est pour ça que j’ai pris un TGV, dans l’espoir de trouver un lieu où ceci est encore possible et peut-être d’y prendre une place pour participer à son élaboration.

Une fois le temps des présentations terminées et du planning de mes présences révisé, vient celui de l’observation. Christophe Rauck, lui aussi très souriant, est en pleine répétition de la création de 2019, Départ Volontaire, pour une première le 14 mai. Les journées sont divisées en matinées de permanences techniques pour régler les détails évoqués la veille et de répétitions dans le décor, en costume et en lumière, avec les comédiens, l’après-midi. Je me fais discrète dans un coin des gradins. Je regarde et je n’en crois pas mes yeux. Ils prennent du temps. Ils prennent même leurs temps. Ils cherchent, ils observent, ils reprennent, ils apprennent. Je ne peux dire s’ils sont en avance, en retard ou dans les temps. Et d’ailleurs, comment se déroule le temps de la création ? J’ai oublié ou alors je n’ai jamais su ? En tous les cas, là, même si je vois bien qu’il y encore bien des choses à régler et encore mieux, je crois qu’il y a encore le temps  de penser, d’imaginer, de reprendre, de saisir, de redimensionner, de soupeser, de sentir, de ressentir.  Et moi, là haut, intimidée et fascinée, j’étais illuminée de bonheur. Et je rentre à Paris l’esprit plein de questionnements joyeux.

Le doute me reprend au retour le lundi matin. Décidément, la gare de Lille Flandres me rend bien morose.  Est-ce la pauvreté visible ou tout simplement mon manque de confiance qui met mon moral à genoux ? Je ne sais toujours pas, mais après mon déjeuner avec Élodie, ça va mieux. Comme quoi finalement, les longues amitiés, ça aide à nous redresser. Je reviens donc bien plus en forme et c’est à ce moment d’apaisement que le semi-remorque de la compagnie Piccola Familia, lourdement chargé de leurs projecteurs et décors, pose son arrière train sur le quai de déchargement. Tout le monde se présente : prénom et fonction. Pas besoin de plus d’information pour se tutoyer et se mettre à bosser ensemble. Je me sens un peu perdue. Je ne connais ni leur langue technique, ni leur langage corporel. Quelle posture pendre quand on attend des ordres ? Que veux dire une 714 ? Où se mettre sur le plateau quand on a rien y à faire ? Combien y a t-il de perches à appuyer, charger sur cette foutu grille ? Tout est à apprendre ! Je fais du mieux que je peux. Heureusement que j’ai le sourire facile et quelques restes de connaissance électrique. Sur ce coup là, ça m’aide bien. En même temps tout le monde est accueillant tant que je ne me mets pas dans leurs pattes, ce qui me laisse la place pour apprendre comme une folle et m’imbiber de nouveautés. Les pauvres, ils doivent se demander autant que moi à quoi je sers dans ce théâtre.

Le lendemain ils sont arrivés encore plus nombreux avec une montagne de choses à déplacer puis assembler. Littéralement, car l’ensemble pesait pas loin de 3 tonnes. ça m’a permis de m’insérer dans les tâches les plus simples. J’ai porté des trucs trop lourds pour mon dos abîmé, vissé en tournant mon poignet déjà vrillé, balayé et aspiré de grand cœur, scotché tout ce qui était à maintenir. Je me suis baissée, levée, baissée, levée, baissée, levée, baiss… . J’ai été privée de la lumière du jour alors même qu’un soleil sudiste sévissait sur Lille. Et pour autant ce fût une des plus réjouissantes journées de ces dernières années. Pourquoi ? Parce que je retrouvais ce qui m’avait manqué, la mutualisation de savoir faire au service de la même construction que l’on appelle platement l’esprit d’équipe. Je suis presque certaine que la première association est née dans un théâtre tant ça en transpire les mêmes valeurs. Pas étonnant qu’ils travaillent en groupe appelé compagnie.

Parmi eux, il y a Camille la jeune machiniste. Avec ses cheveux courts, ses Jeans qui lui tombent sur les hanches (qu’elle tente d’ailleurs d’effacer jusque dans sa démarche), ses yeux cernés et son sourire porte bonheur, elle est infiniment jolie. Elle m’appelle par mon prénom en baissant la tête et ses yeux se font immenses. Si j’avais été plus jeune j’aurais peut-être embrassé le dernier jour en guise d’au revoir, cette jeune fille garçon, si troublante. Grâce à elle je réinterroge une nouvelle fois la question du corps féminin sur un lieu de travail. J’ai l’impression que dans cet univers de techniciens plutôt masculin, les femmes ont choisi le camp du soyons évitons d’être sexy. Être femme ou homme finalement peu importe. Les tâches sont les mêmes. La question du genre s’efface sous les vêtements techniques salis de poussières et les grosses chaussures de sécurités. Que vais-je devenir avec mes talons hauts et mes gros seins que je porte en décolleté ?  Il faudrait tout de même que j’aille voir ce qui se passe dans les loges du côte comédiennes et maquilleuses. Il est fort probable qu’il en soit autrement. Être en beauté ne veut pas dire être belle et chez les comédiennes et autres actrices, on sait très bien cette différence.

La matinée, s’achève et les voila déjà chez eux au théâtre du Nord, les techniciens de la Piccola Familia. Tous les théâtres marchent pareil et ils en connaissent tous les tours et les détours, les ornières et les facilités, bref, leur utilisation.  Il y a une scène, une arrière scène, une loge rapide, des loges, un grille, des pendrillons, des demi-fonds, des drisses, des guindes, des gueuses et même des tampons. Je me nourris de nouveaux mots. Mais c’est déjà fini. Le décor est installé, les projecteurs sont placés, les enceintes testées. Il ne reste qu’à régler tout ceci. Il est 21h et je quitte le théâtre alors qu’ils continuent de bosser pour être prêt à l’arrivée des comédiens demain matin.

David, lui, est resté et il fût tant époustouflé de précision technique qu’il s’en est coupé les cheveux. Il arrive tout frais le matin de la première. On dirait également que mes efforts de la veille ont fait grandir sa confiance en moi. À moins que ça ne soit moi qui reprenne confiance.  Les répétitions vont bon train toute la journée puis vint la représentation de Tyeste mis en scène par Thomas Jolly pour la cours d’honneur d’Avignon en 2018. 

Une tête de géant accompagnée d’une main immense couvre la scène dans un clair obscur permanent. Le texte de Sénèque slamé par Emeline revisite nos mémoires. Le roi porte une couronne en plastique verte et un costard jaune moutarde. La présence de Thomas Jolly est sans aucun doute  d’une justesse effrayante. Les lumières sont subtiles, vivantes : parfois invisibles, parfois scéniques, parfois se faisant accessoires de jeu. Mais pour autant aucune émotion. Pas même un effleurement. Alors même que Tyeste mange la chair de sa chair, je le trouve petit et gigotant au côté de son frère Atrée, voyeur à l’égo démesuré.

Alors voilà que le doute me reprend. Est-ce que d’avoir connu son installation le spectacle en devient moins séduisant. Est-ce que d’en avoir vu les secrets, il en est moins magique ? Parce qu’être spectateur de théâtre demande de l’implication. Nous sommes à chaque représentation acteur de celle-ci, passivement ou activement.

Alors qu’au cinéma la distance se fait d’elle-même par écran interposé. Le temps de la création est déjà révolu. Nous n’en serons jamais acteur. Nous ne pouvons qu’en être le spectateur muet d’une salle de cinéma ou celui distrait de nos petits écrans. Le cinéma reproduit à l’identique indéfiniment si besoin la même œuvre. Tant et si bien qu’il a même fallu créer la notion de droits voisins (en 1985) pour couvrir les droits des auteurs et des producteurs de ces reproductions. Mais au théâtre la reproduction est encore et sera toujours vivante en plein risque, en pleine communion avec le spectateur. Que va-t-elle devenir pour moi, si je sais pleinement ce qui se passe sur la scène et derrière les pendrillons ?

Il me reste moins de 3 semaines pour le découvrir avec 3 spectacles : Molly S, Les Crépuscules et Départ Volontaire. Espérons que le titre de ce dernier spectacle ne soit pas prémonitoire mais qu’au crépuscule de ma vie professionnelle sa lumière m’enchante pour longtemps. 

À 18h55 le hall était encore bien trop plein.

50 élèves oubliés du décompte de billetterie s’entassaient un peu partout, attendant de savoir s’ils pourraient accéder au Graal : à savoir un siège, alors même que l’on annonçait « Sold Out ».

On s’agitait autour du surnombre annoncé sans mauvaise humeur mais avec un peu d’inquiétude tout de même. Même si le succès se mesure aux nombres de sièges occupés, il ne faut pas exagérer. C’est important une première de spectacle !

Quand je pense qu’au FID on enchaîne des premières mondiales comme un Lillois les verres de bière. On fait ça, quoi ? 8 ? 10 fois par jour ?

Nous accompagnons des réalisateurs dans l’abandon de leurs derniers nés imaginés et réalisés pour qu’ils soient vus.

Quelle dépossession ! Quel stress !

Nous les recouvrons d’attention de nos voix précises. Nous sommes avec lui, nous le rassurons, nous l’aimons, nous l’aidons à sortir de la salle, nous essuyons son doute. Quand faut y aller faut y aller…

Puis…

Au suivant !

1h plus tôt on avait ajouté des chaises pliantes dans tous les espaces possibles de la salle.

1h plus tôt, les comédiens avaient pris possession de leur espace de travail.

Juste après la mise au milieu du décor, ils entraînaient leurs outils de travail de la soirée. Étirements du corps et surtout de la mâchoire, bâillements, gargarismes, vocalises, méditation, danse. Ils déambulaient seuls les uns à côté des autres, sur ce plateau qui était devenu le leur, se préparant à devenir quelqu’un d’autre.

Dans les coulisses, au lointain, à cour, à jardin, dans la loge rapide, les costumes et les accessoires étaient placés au bon endroit pour s’en saisir rapidement. On aurait dit une maison bordélique où s’entasseraient au hasard des pièces et des détours des vêtements et objets oubliés et que l’on n’ose pas toucher de peur de rompre un équilibre précaire auquel on ne comprend rien.

1h plus tôt, les techniciens avaient fini de re re re vérifier leurs consoles, projecteurs et autres micros.

À 18h59, on fait un point sur les sièges vacants, ils en restent suffisamment finalement. Ouf !!!

À 19h02, on laisse entrer l’ensemble du bus scolaire.

À 19h09, le jeune contrôleur annonce qu’il faut éteindre son téléphone portable.

À 19h10, Les Crépuscules débute devant une salle très pleine.

2h45 d’un spectacle gai et attachant, écrit et mis en scène par un ancien élève de l’école du Nord, sur une famille du Nord, à propos de la vie au Nord sur 3 générations.

Dehors, il fait beau sous le vent du Nord et je me sens chanceuse et heureuse d’être là.

A 21h50, le dernier applaudissement libère le public et les comédiens. Tout le monde sort pour boire quelque verres ensemble et participer au diner de première.

La première des Crépuscules s’est bien passée.

Demain matin à 9h, on pré installe le spectacle qui se joue la semaine prochaine.

Le show must go on et dans ce cas précis il s’agit de Molly S en petite salle dans 6 jours.

Hier, David, lui aussi attentif et rassurant comme savent l’être les bons régisseurs, me propose de me trouver une place pour Festen mis en scène par Cyril Teste. Le metteur en scène de Nobody et de Hamlet à l’Opéra Comique, qui mêle au théâtre l’image animée tournée en direct, s’attaque maintenant au très grand film de Thomas Vinterberg.

Alors pourquoi ne pas passer la soirée à décortiquer son dispositif technique au service l’inceste dans les milieux bourgeois.

Hein ?! Pourquoi pas ?!

Et bien WoW ! Franchement WoW ! Double triple WoW !

Au centre de la scène, une grande table dressée pour 15 convives, surmontée d’un écran.

À cour, une cheminée, deux fauteuils et derrière une cuisine qui s’étire et se retire, entrainant les deux fauteuils jusqu’au bord de l’avant-scène.

À jardin, un tableau, un piano, une bibliothèque qui, d’un mouvement de panneau, devient une chambre attenante à une salle de bain.

À l’arrière ,un escalier qui débouche sur un toboggan et encore plus au lointain, ou sur les côtés, des circulations et des coulisses.

Pour ceux qui auraient oublié, l’intrigue :

C’est l’anniversaire du père. La mère accueille les amis et ses enfants. Ils vont passer la nuit dans la maison. La plus jeune sœur est morte. Elle en a fini avec la vie. Son frère jumeau se saisit du repas de fête et accuse son père d’inceste. Il se débat dans les mensonges de son père mais finira par être entendu des siens.

Sur scène 15 comédiens, 2 cadreurs, 2 machinistes qui circulent d’espace en espace s’affairant, qu’ils soient visibles ou non de la salle, les deux cadreurs nous montrant à tour de rôle et en direct sur l’écran qui trône au centre ce que nous ne pouvons voir.

Dans leurs costumes noirs, leurs caméras HS au point, ils suivent de près, de très près, les intrigues qui déroulent le récit, acteurs à part entière de cette pièce. Ainsi, Cyril Teste laisse voir au spectateur ce qu’il ne pourrait pas sans la caméra.

Le gros plan, et tout ce qu’il permet d’émotion et de sensualité.

Les hors champs des coulisses.

Les personnages absents.

Une femme sort de son bain. Des gouttes glissent sur sa peau nue jusqu’à la cambrure.

Le fils se roule en boule sous le lit le visage en sueur et couvert de terre.

Les femmes de maison vont voler les clés de voiture des convives en coulisse.

La sœur décédée apparait assise face au piano.

Le tout en un plan séquence des 50 premières minutes de la pièce.

Voilà tout ce que permet de laisser voir ce dispositif sans pour autant à aucun moment dépouiller la pièce de théâtre. On pourrait craindre que la présence de la vidéo bride notre imaginaire. C’est hypnotique l’image animée, on le sait, et ça entrave nos propres images mentales. Mais pourtant, je reste pleinement pris par le jeu des comédiens en chair et en os, sur la scène, devant moi. Nom regard va du gros plan sur l’écran, au mouvement des comédiens sur scène et à l’observation de la prouesse technique des caméramen. C’est comme si j’étais transportée dans 3 temporalités différentes. Celle du récit de la pièce, celle de la réalité de ce qui se déroule devant mes yeux et celle de la représentation de ce même réel en gros plan.

La tête m’en tourne.

Me voilà embarqué à une place que je ne connais pas.

Quel spectatrice suis-je ? Celle du cinéma ou celle du théâtre ?

Quel est cet endroit de réalité bien étrange ?

Est-ce une pièce, un film ou un tournage auquel j’assiste ?

En éliminant le temps de montage, est-ce que l’on peut vraiment parler de film ?

Parce que je ne sais pas pour vous, mais pour moi l’émotion n’est pas la même en face d’un film et dans une salle de spectacle. Au cinéma, je suis seule. Au théâtre je me sens entourée. Alors que le cinéma me sort de la réalité, le théâtre m’y ancre pleinement. Peut-être que le cinéma n’étant que fiction, on se laisse aller plus facilement à pleurer ou à rire. Alors qu’au théâtre tout se joue devant nous et la présence physique des acteurs, du publics, me contraint à plus de pudeur.

En tous les cas, cette performance filmique, comme la nomme Cyril Teste et son collectif, est d’une virtuosité telle qu’elle en finit par se faire oublier. Le dispositif devient part de l’œuvre et sert pleinement au récit.

Tout ceci pour parler d’un sujet aussi facile et peu douloureux que l’inceste joué par des comédiens tous fabuleux, c’est putain de WoW.

Et je sais aussi que si c’est pour faire ça, je veux bien commencer tout de suite à bosser dans une compagnie de théâtre !

En conclusion, mon stage au Nord est, pour moi, une réussite :

Parce qu’en plus de m’être gavée de spectacle,

Grâce à Enrico, je sais reconnaitre une lampe CP60,61 et 62

Grâce à Saïd, j’ai appris à utiliser correctement une visseuse

Grâce à Olivier, j’ai expérimenté le sérieux dans le fun

Grâce à Lulu, j’ai découvert que l’on peut être d’une grande puissance physique même en mesurant 1m55 de long sur 20cm de large

Grâce à Amaury, je peux nettoyer, porter, déplacer et m’amuser tout ensemble

Grâce à Marie-Hélène, je suis certaine que l’humeur égale est un don précieux

Grâce à David, je sais qu’être un chef d’équipe demande du recul et de la bienveillance.

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